Oscar Méténier

Oscar Méténier was a French playwright and novelist, and had a relationship with Lantelme. His friend Laurent Tailhade called this relationship liaison tapageuse, and to prove it he mentions a quarrel of lovers when after words they came to an ugly fight using hands and even chairs.

I could find another text about Méténier, written by a person who wasn’t Méténier’s friend, and this author says Méténier was a compulsive gambler. It’s very hard to live with a gambler, though Tailhade didn’t name the reason of the quarrel.

The full book text is on Gallica site.

Ernest Raynaud

Souvenirs de police : au temps de Ravachol (1923)

Oscar Méténier était le fils de Georges Méténier, attaché à la préfecture de police, qui avait publié plusieurs ouvrages spéciaux de vulgarisation à l’usage des fonctionnaires de cette administration (…) mais il était surtout connu dans les commissariats par son Guide pratique de police, édité en 1885, à Paris, chez Larose et Forcel, 22 rue Soufflot, destiné aux apprentis secrétaires.(…)

Oscar Méténier n’avait rien des scrupules de son père ni de ses préjugés. Né à Sancoins (Cher), en 1859, c’était un petit homme brun, vif, souple, avisé, cordial et charmant. Le teint jaune des malades du foie lui prêtait l’apparence d’un Mongol ou d’un Japonais, resemblance plus accentuée encore par la gentillesse de ses gestes menus, le froncement du nez et le bridement des yeux qu’il avait dans l’animation du discours. Le timbre chaud et caressant de sa voix dominait le tumulte des conversations, confisquait l’attention. D’une activité incessante, il recherchait le bruit et le mouvement. On eût dit qu’il y puisait son inspiration comme ces méridionaux qui ne pensent qu’en plein air, au milieu des coups de vent. Sa nature expansive quêtait les oreilles. La tête pleine de projets, de sujets de pièces ou de romans, il lui fallait toujours quelqu’un à qui les exposer. Il en jouait le scénario avec une mimique si expressive, une telle vérité de geste et d’accent qu’il douait de relief les choses les plus insignifiantes. Il essayait d’avance sur ses auditeurs ses effets de scène, lisait, dans leurs yeux, l’idée à poursuivre ou à rejeter, se modelait sur l’impression produite, les transformait en collaborateurs à leur insu, faisait profit de leur remarques et n’avait plus, en les quittant, qu’à coucher par écrit le fruit de ses improvisations. A ce système, il avait acquis une merveilleuse adresse à manoeuvrer le public. C’était un homme de théâtre. Il n’abordait la representation qu’à coup sûr.

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Oscar Méténier

We don’t know much about the relationship between Geneviève Lantelme and Oscar Méténier. His friend Laurent Tailhade didn’t write much about them, and there’s only a chapter about Oscar in his book “Petits mémoires de la vie” (see full text here).  I’d like to cite here the full text about Méténier, because it describes him very well as a person. I don’t know what a kind of writer he was. Wikipedia says about him:

“Oscar Méténier (17 January 1859 – 9 February 1913) was a French playwright and novelist. In 1897 he founded Le Théâtre du Grand-Guignol in Paris. (…)

Grand Guinol 1890 Grun

Jules Grün. An ad for “Le Grand-Guignol”.

The son of a police commissioner, Oscar Méténier at first followed his father into the police (…) in which role he was able to observe the morals of low-life Paris, for which he had a near-scientific interest and eye. (…) A follower of Émile Zola, he wrote naturalist novellas (…) and pieces in argot for Le Chat Noir.

Le Journal publie La Nymphomane roman inedit par Oscar Metenier

An ad for one of Oscar Méténier novels. (See more ads at Gallica site).

He made his reputation with naturalist plays set among vagabonds (…) and prostitutes and expressed in the language of the street”.

But photos found online show rather a dandy, as you can see:

Metenier coll Potin Oscar Metenier

French writer Oscar Méténier.

Anyway he was eccentric and contradictory, and Laurent Tailhade wrote about him an excellent text.

Laurent Tailhade

Petits mémoires de la vie

OSCAR MÉTÉNIER

En ce temps, l’auteur de Monsieur Betsy, de Madame la Boule, des Frères Zemganno et d’autres œuvres exemptes d’idées générales, discernait à peine l’orient de son étoile, dans les brumes du futur. Il sortait du régiment. Sa belle écriture, sa faconde opiniâtre, sa vulgarité, son outrecuidance naïve et, couronnant le tout, un incassable respect de l’ordre établi, en avaient fait le parangon des sergents-majors. Dans le civil, encore que vêtu comme n’importe quel rond-de-cuir, il n’avait pas abdiqué toute allure militaire. Sanglé dans son harnais, il gardait je ne sais quoi de fringant et d’avantageux qui décelait en sa personne l’irrésistible sous-off. Secrétaire du commissaire de police pour le quartier Saint-Jacques, il préludait à sa carrière intellectuelle par l’exercice d’une fonction, héréditaire chez les siens. En effet, M. Méténier le père avait pris Oscar dans ses bureaux de la rue Jean-de-Beauvais. Ainsi l’instruisait-il dans les arcanes de son art. En dépit du prénom ossianesque dont il était affublé, Méténier junior n’avait en lui rien de gaélique ou de pensif. Petit, remuant, agité d’un tracassin perpétuel qui ne le laissait pas dix minutes en place et le faisait rebondir, de droite à gauche, comme un escarbot effaré, c’était un jeune homme sans jeunesse, le poil brun, les yeux du même, inexpressifs et ronds, la peau huileuse, avec le teint noir jaune des hépatiques, des dents superbes qu’il ne soignait guère, une moustache soldatesque et pommadée, un chef en boule, au menton fuyant, sans reliefs ni méplats. Tel apparaissait Oscar Méténier dans la fleur de son avril. C’était, en outre, un bavard effroyable. Ni l’heure, ni l’intervention d’étrangers, ni le désir avoué de rompre l’entretien ne parvenaient à lui imposer silence dès qu’il avait pris la parole et mis la main sur sa victime, c’en était fait. D’une voix de crécelle, enrouée et criarde tout ensemble, d’une voix étrange qui ne sortait des lèvres ni de la gorge et semblait tamisée à travers une pratique de polichinelle, sinon par le rauque gosier d’une effraie en chasse, il verbigérait, sans ponctuer ses phrases ni prendre haleine, pendant une longue suite d’heures, toujours dispos, toujours en forme. Il parlait comme la concierge ou l’herboriste, comme une dévote de province. Il parlait comme le chien aboie à la lune. Il parlait comme la mer monte ou comme il pleut.

Vers 1885, on le rencontrait chez un manœuvre de lettres, Charles Buet, lequel, chaque semaine, groupait autour de lui, dans son appartement de la rue de Breteuil, un monde paradoxal et bigarré. Méténier, heureux de se produire à des confrères hors de page ou renommés pour avoir d’utiles accointances, bourdonnait, caracolait, coinçait les gens entre deux portes et les submergeait sous le flot de ses discours. MM. Félix Fénéon, Victor Margueritte, moi-même, et, parmi les morts, Jean Moréas, formions un auditoire qu’il aimait. Son esthétique, bientôt, n’eut plus de secrets pour nous. Les rapports de police l’avaient illuminé. A déguster cette prose forte qui sent le cuir, l’aramon, le tafia, la pipe et le sergot, il avait compris, d’un seul coup, l’essentiel du Naturalisme, la beauté du langage primaire; il avait aspiré à l’Art simple et véritablement plébéien, en un mot, à l’Art sans art et mis au niveau du premier venu. Ces palabres, fort avant dans la nuit, se prolongeaient sur l’Esplanade, le long des quais, jusqu’à nos logis respectifs. Quelque intimité en fut bientôt le résultat, au point que Méténier, un beau soir, invita Moréas, M. Fénéon, peut-être aussi M. Victor Margueritte et moi, à passer l’après-midi ainsi qu’à dîner avec sa famille, le dimanche suivant. Il nous promettait la lecture d’une ou deux pièces, écrites pour le Théâtre Libre, suivant les canons du réalisme le plus intransigeant. En outre, il devait nous communiquer les rares éditions, les livres curieux, légués, avec sa bibliothèque de travail, par un sien parrain ouvert aux choses de l’esprit.

La jeunesse est imprudente. Nous acceptâmes. Vers deux heures, donc, au jour dit, nous frappions à la porte d’Oscar. II vint, nous introduisit dans son cabinet de travail. C’était la pièce d’apparat on sentait que le grand homme de la famille, gloire de la gent Méténier, se prénommait Oscar et que, désormais, tout cédait au bien-être du grand homme, concourait à la mécanique de ses élucubrations. La journée était froide. Un admirable feu de bûches rayonnait dans l’âtre et disposait aux vagues somnolences d’une causerie à bâtons rompus. Mais notre hôte ne l’entendait pas ainsi. La lecture ne fit point défaut. Pendant trois heures d’horloge, sans même que le lecteur eût pris un verre d’eau, nous entendîmes, outre les deux actes du programme, de copieuses nouvelles; en même temps, le scénario d’un roman-feuilleton. Déjà, cependant, l’auteur aspirait à de plus hautes aventures. Ne sachant pas le russe, mais déjà, certain de parler aussi bien que le français la langue tolstoïenne, il projetait de traduire, pour M. Antoine, la Puissance des ténèbres dans le verbe imagé de « la Zone », item de mettre à la scène un roman des Goncourt. L’un de nous, alors, gravement lui suggéra de ne pas s’attarder en si beau chemin, d’étendre, sur Athalie et Mithridate ses bontés, qui ne pouvaient que gagner à être mis dans un français tellement nouveau.

A cinq heures et demie, Mme Méténier, la mère, vint installer, devant le feu entretenu diligemment, une vaste coquille, ainsi qu’un tournebroche à mouvement d’horlogerie où s’ajustait une dinde (elle disait « un » dinde) pantagruélique de la plus belle apparence. En peu de temps, la peau du volatile se boursoufla, tandis que ruisselait le beurre et qu’une forte odeur de rôti pénétrait nos vêtements et nos cheveux. Cela n’arrêta pas Oscar de poursuivre sa lecture, jusqu’au temps que, la dinde cuite à point, il nous fallut gagner la table et nous mettre à dîner. Pendant le repas, la lecture ne fut pas tout à fait interrompue. Oscar, à chaque instant, négligeait sa volaille pour aller chercher un livre, un cahier, nous demander notre avis sur quelque point de « gay-sçavoir ». Et je songeais à l’épigramme de Martial, plus aisée à citer qu’à traduire, contre Ligurinus: Et stanti legis et legis sedenti, – Currenti legis et legis cacanti. – Ad cœnam venio fugas sedentem. – Lassus dormio: suscitas yacentem!

Les années d’apprentissage furent courtes pour Méténier. Comme Pierre Loti, mais cependant moins artiste que l’auteur d’Azyadé, il se glorifiait, à bon droit, de ne savoir aucune chose. En récompense de quoi le succès ne se fit pas attendre. On était, alors, en pleine ferveur naturaliste. A peine si, dans quelques feuilles d’avant-garde, la réaction de l’École décadente se faisait pressentir. Les lis du Symbolisme étaient encore à l’état de caïeux. Le Théâtre Libre, un peu plus tard les Variétés, où Réjane, comédienne sans égale, José Dupuis, d’autres encore, dignes de ces protagonistes, défendirent l’oeuvre d’Oscar, n’enregistrèrent pour lui que des triomphes. Il avait, en effet, vu juste: « Pas d’idée et pas de style! Cela suffit pour atteindre à la notoriété comme à l’argent. »

Le succès n’avait pas ennobli, ce qui parfois arrive, le caractère du garçon. Peu de temps après Monsieur Betsy (1), nous somnolions, quelques amis et moi, le nez dans notre bière, pendant un entr’acte du Chat-Noir. Entre Oscar, escortant avec force courbettes Camille Lemonnier. Son déplaisir ne fut pas petit de nous rencontrer en cet endroit. Après nous être divertis quelques moments de son embarras, de ses efforts pour cacher le grand homme et se cacher lui-même, nous abordâmes Camille Lemonnier que nous connaissions depuis dix ans pour l’avoir, à Bruxelles, rencontré souventes fois chez notre maître et glorieux ami Edmond Picard. Une poussée intense de bile rendit encore plus jaune le sourire d’Oscar!

Puis ce fut le Grand-Guignol, avec les représentations où l’ « inouïsme» d’àntan était remplacé par le scandale et par l’horreur: Dupont l’Anguille (2) et tout ce qui s’ensuit; ce fut encore la liaison tapageuse avec Lantelme, où la délicieuse enfant échangeait, avec son premier amour, des coups de poing, même des coups de chaise; Méténier, directeur de théâtre et notable commerçant, le « quart d’œil » de 1884 devenu « physionomie parisienne » et boulevardier notable, comme on disait alors.

Puis ce fut le dénoûment, lugubre, attristant et malpropre, l’infortuné mourant du mal qui emporta Maupassant, Baudelaire, pour ne citer que des noms immortels. Mais ce n’est pas la hideuse maladie, hélas ! qui confère l’immortalité.

Peu de temps avant sa mort, je le rencontrai dans le train de Passy. Il habitait Courcelles-Levallois. Sans trop d’efforts, il me reconnut et de meilleure grâce qu’au Chat-Noir. Déjà, car sa maladie était fort avancée, il cherchait ses mots, balbutiait les fins de phrases. Mais il bavardait comme autrefois, ne permettant pas qu’on plaçât un mot. Il rapportait un sac plein de bananes qu’avec l’incoordination des mouvements, caractéristique de son état, il répandit sur les banquettes, le tapis du wagon, entre les pieds des voyageurs. Or ce fut un lamentable spectacle de le voir, chancelant et mal d’aplomb, courir après ses fruits que les lacets du train faisaient rouler de côté et d’autres. Il se désolait comme un enfant. Tout le wagon, ainsi que les fourmis d’Apulée, pour les perles de Psyché, se mit en devoir de recueillir ses bananes. Quand le convoi stoppa gare de Courcelles, Oscar était enfin consolé.

Je ne l’ai pas revu depuis. Peu de temps après cette rencontre, je reçus, de sa main, une lettre où ne subsistaient plus que des vestiges graphiques. Sous le même pli, quelques lignes de Mme Méténier – la mère – me priant d’aller voir son fils. Puis, le lendemain, contre-ordre. Elle craignait l’émotion, disait-elle, d’une visite, la surprise et tout ce qui s’ensuit. La bonne dame redoutait possible une captation de testament in extremis. En tout cas, les lauriers étaient coupés et les beaux jours du dinde révolus.

(1) 1890

(2) 1898

Oscar Metenier autographe

An autograph of Oscar Méténier.

Pictures found on Gallica site and via google.