birthday of Lantelme

I’ve updated a post about Lantelme birthday, because the date was incorrect.

We know now for sure that Lantelme was born on 20 May 1883 in Paris XVIII as Mathilde Hortense Claire Fossey. Her parents lived then at Boulevard Barbès, 5.

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Paris, boulevard Barbès. Old postcard.

The father Jules Edouard Fossey was comptable (accountant) and mother Claire Marie Naincy (maiden name Lantelme) had no profession.

Lantelme-acte de naissance

See the document scan in better quality at Paris online archives.

There’s also a mention added later that Lantelme married Edwards in Rouen (5 July 1909).

les modes dec1909

Lantelme in 1909.

Many thanks to Corinne for the information!

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acte de naissance – birth certificate

A wonderful internet friend, Corinne, has found Lantelme’s birth certificate at Paris online archives: http://canadp-archivesenligne.paris.fr/archives_etat_civil/

So Lantelme was born on 26 October 1880 as Susanne Madeleine Thérèse Fossey at Paris (9 arrondissement), rue de Dunkerque № 60, where lived her parents. Why all sources citing her real name insist on Mathilde Fossey, I don’t know.

She had 2 sisters, one older (born on 17 July 1879) and another younger (born on 6 September 1888), and their father’s profession was accountant, mother with no profession and with maiden name of… LANTELME! The parents married on 3 June 1876 at Paris (1 arrondissement), divorced on 28 November 1895.

ACTE DE NAISSANCE

Fossey

1996

Du Mercredi Vingt sept octobre mil huit cent quatre vingt à deux heures et demie de rélevée Acte de Naissance de: Susanne, Madeleine, Thérèse du sexe féminin à nous présentée, née le Vingt six de ce mois à trois heures du matin chez ses père et mère rue de Dunkerque № 60, fille de Jules, Edouard, Fossey, comptable, agé de trente deux ans, et de Claire Marie Naincy Lantelme son épouse sans profession agée de vingt deux ans, mariés à la première mairie de Paris, le trois Juin mil huit cent soixante seize. Sur la déclaration du père et en présence de : Anatole Lantelme, professeur de Musique agé de cinquante quatre ans, demeurant rue de Savoie № 12, aïeul maternel, et Joseph Rey, fabricant de chaussures, agé de trente huit ans, rue Hauteville № 80. Temoins qui ont signé avec le père et avec nous. Gustave Alexandre Peutin dit Tancrède adjoint au Maire après lecture.

See scan of document at Paris online archives: http://canadp-archivesenligne.paris.fr/archives_etat_civil/ (they don’t allow to copy their pictures).

UPD 25 December 2013: it’s a birth certificate of Lantelme’s sister.

Lantelme was born on 20 May 1883 in Paris XVIII as Mathilde Hortense Claire Fossey (see the document scan in Paris online archives).

Lantelme’s birthday

One of readers of my blog, Corinne, has found the exact date of Lantelme’s birthday.

And that’s a big surprise!

Because she was born on 26 October 1880 as Suzanne Madeleine Thérèse Fossey, at her parents apartment n°60 rue de Dunkerque (Paris IX).

Her father was Jules Edouard Fossey (32 years) and mother Claire Marie Naincy Lantelme (22 years). They married in Paris on 3 June 1876. And Anatole Lantelme, professor of music and composer, is the grandfather of our Ginette.

The Fossey couple had 3 daughters: Isabelle Inès Rose Marie Fossey (born on 17 July 1879), Suzanne Madeleine Thérèse (future Genevieve Lantelme) and Marie Thérèse Louise Claire (born on 6 September 1888). The parents divorced on 28 November 1895.

You can see all details online here: Archives numérisées – Paris.fr

Now we know why she has chosen Lantelme as her stage name. And if you believe in Zodiac signs, she was a Scorpio, and born under this sign are very charismatic, passionate and filled with desire 🙂

UPD December 2013: it’s a birth certificate of Lantelme’s sister.

Lantelme was born on 20 May 1883 in Paris XVIII as Mathilde Hortense Claire Fossey (see the document scan in Paris online archives)

Lantelme bio – trivia and additional info

Her name is sometimes — and erroneously — written as Lanthelme, Lanteline and even Lantelline.

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Two postcards with wrong spelling. But even Lina Cavalieri, a superstar of this era, is sometimes spelled as Cavallieri or Maria Cavalieri…

She’s also mentioned as Ginette Lantelme, and Sem wrote that almost all the friend called her Ginette and not Geneviève, this last one being too official.

Her favourite flowers were blue hortensias (info found in Le Monde Artiste, 27 July 1912). On some photos we can see her with her little dogs that she adored.

blue hortensias2

Lantelme and her dogs

She had a reputation of bisexual, but we know much more about men in her life. Among them Edwards, actors Paul Ardot and André Brûlé.

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Lantelme and Paul Ardot. A drawing by Lourdey from Le Journal Amusant, 22 February 1908.

Andre Brule postcard1

Andre Brule postcard2

André Brûlé

According to Simone, André Brûlé was Lantelme’s biggest love:

“On racontait qu’elle nourrissait une passion extrême à l’égard d’André Brûlé, que les soupirs de cette beauté laissaient indifférent. Pour finir (…) l’amoureuse sans espoir épousa, après qu’il eut répudié Missia Nathanson, le vieil Edwards, nabab, barbe-bleue, propriétaire et directeur du Matin. (…)

Les refus en forme de fuite du jeune homme qu’elle adorait n’avaient pas lassé son amour. Cependant, elle n’attendait plus rien, vivait avec cette blessure.

Lorsque fut annoncée à la Porte-Saint -Martin, c’est-à-dire dans le théâtre voisin du nôtre <théatre de la Renaissance>, la générale de L’Enfant de l’Amour, elle me demanda de l’y accom­pagner, parce qu’André Brûlé y tenait un des princi­paux rôles. Elle voulait se remplir les yeux du visage dont le souvenir lui remplissait le cœur.

La pièce de Bataille, quatre actes et trois entractes, durait plus longtemps que la nôtre <Le Vieil Homme>, raccourcie chaque jour depuis des semaines. Nous arrivâmes, Lantelme et moi, au début du dernier acte.

Dès le lever du rideau, une soubrette annonçait à Liane (Réjane) la visite prochaine de Maurice (Brûlé). Aussitôt, Lantelme posa sa main sur la mienne et mur­mura, la voix tremblante :

— Il va se décommander, j’en suis sûre, il m’a fait le coup vingt fois.” (Simone, Sous de nouveaux soleils, pp. 191-193)

Looks like the relationship between Brûlé and Lantelme wasn’t as unhappy as Simone wrote: the last letter written by Lantelme and found in her cabin on L’Aimée started with words “André chéri”.

Geneviève Lantelme shouldn’t be confused with another Lantelme, actress Marie Lantelme, who played in 1883/1894 (Le Prince du Soliel, Adam et Eve and other plays) and left the stage after the marriage. Figaro (5 June 1894) says “mlle Marie Lantelme quitte le theatre pour epouser M. Deglise” – miss Marie Lantelme leaves the theatre because she will marry mister Deglise.

Marie Lantelme par Nadar

Marie Lantelme in Prince du Soleil. Photo by Nadar.

Marie Lantelme autre Lantelme

Marie Lantelme.

Few words about Alfred Edwards. He was born in Constantinople in 1857. His father was an English doctor, and mother was French.

Alfred Edwards

His first wife was mademoiselle Drouard, a dancer. Later he married Hélène Ralli, his cousin. After the divorce with this one he married a daughter of famous Dr. Charcot. His forth wife was Missia Godebska, ex-Nathanson and future Missia Sert. Lantelme was his fifth and last wife <1>. He left by will all his fortune to French actress Colonna Romano.

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Colonna Romano postcard

Colonna Romano.

Before the accident with Lantelme many people disliked Edwards for different reasons. French writer Jules Renard notes on 2 November 1903 in his Journal:

“Capus <French writer> admire Edwards qui salue une femme comme il suit:

– Bonjour, vieille putain!

Et, se tournant vers Capus:

– Ma mère.

A peine est-il entré:

– Ma soeur est constipée, dit-il. Elle a un rein déplacé. Moi, sa noce m’a tellement fatigué que ma diarrhée est revenue. Le lendemain de mon retour à Paris, je suis allé quatorze fois aux cabinets; mais je fais de grands lavages intestinaux, comme à Plombières, et ça va mieux.

Tout le long du repas il roule entre ses doigts une boulette de pain, bientôt noire comme une vieille dent.

Et il s’étonne que je sois froid avec lui!”

André Salmon writes in his Souvenirs sans fin: Deuxième epoque (1908-1920):

“Edwards a été un des pères du journalisme moderne. Certes, c’est bien après Émile de Girardin, inventeur de la presse à bon marché, que l’on vit venir cet espèce de Turc poilu, affreusement velu, ce vieux Tarzan de cinéma germanique, cet ogre offrant le champagne et les tartines de caviar, en attendant d’autres tartines. Il était au moins l’ancien directeur du Matin (…)  et aussi le fondateur du Petit Sou. Rien de plus amusant que d’entendre l’affreux Edwards — quelque chose comme un abominable homme des neiges d’avant la lettre — conter comment il fonda son Petit Sou pour le plaisir d’y tailler des croupières à son parent, par alliance, Waldeck-Rousseau. Edwards avait fait mieux. Après tout, Waldeck-Rousseau, qui ne se connaissait rien d’un grand nerveux, pouvait aisément se soumettre à l’hygiénique discipline de ne jamais rompre la bande du Petit Sou dont son horrible parent lui faisait lâchement le service. Edwards employait un chauffeur dont la fonction se réduisait à faire, sans plus de repos que le sommeil réparateur outre les deux repas qui vous retapent un homme, le tour de la vaste propriété de Waldeck-Rousseau, en cornant tant que ça pouvait, l’automobiliste de ces jours lointains usant de la trompe, et en faisant le plus de fumée possible, ce qui ne constituait pas une prouesse extraordinaire en cette enfance de la voiture mécanique.

J’ai vu pleurer de joie à ces évocations le digne Edwards, assez semblable à un gorille qui aurait fait fortune par la lutte gréco-romaine.

La chronique a beaucoup parlé de la mort de Lanthelme, la jolie actrice du style Variétés de Samuel. Lanthelme était tout à la fois la maîtresse d’Edwards, comparable à l’ogre des contes de Perrault, et du comédien comique Paul Ardot, celui qui assura le triomphe de la meilleure des opérettes-revues de Rip : Les Fils Touffe sont à Paris. Edwards organisa une croisière sur le Rhin. C’est dans le Rhin que l’on retrouva Lanthelme. Après Lanthelme, Edwards eut une autre maîtresse, bien sûr. Quand on a la puissance d’Edwards, on a toutes les maîtresses désirées (…)

J’ai connu une ancienne maîtresse d’Edwards, jeune fille d’une mère très pauvre. Elle avait réussi de se tirer des pattes velues d’Edwards. Épouse d’un diplomate étranger, elle peignait, pas mal, avec goût; elle a publié une plaquette de vers sensibles, intelligents. Pouvait-elle enfin etre heureuse? Non, elle ne le pouvait absolument pas si, malgré son courage et cette adresse lui permettant de fuir Edwards, l’ogre la hantait toujours. Elle se souvenait, pauvrette, à qui j’avais donné bien de la sympathie, de ses abominables complaisances, de ses infamantes soumissions.

Elle vint un matin chez moi, me pressant, me suppliant de la reconduire à son atelier où juger de sa dernière toile. Ça devait être tout de suite. Les nerfs d’une femme, quand ils se nouent ou cassent! (…)

Je suis parti avec la pauvre fille, dans sa belle voiture. J’ai vu sa toile, inachevée. Une bonne chose dont je pus lui faire compliment sans mentir. Elle a souri, d’un sourire inoubliable, en me disant: «Vous me laissez contente.»

Le lendemain, elle s’est tuée.

Mais Lanthelme, elle, la jolie Lanthelme dont une publication photographique, le Panorama, donne plusieurs images coquines, ne voulait pas mourir. Ça vous donne une juste idée d’Edwards?”

Actress and writer Simone called Edwards simply “l’homme affreux” (a terrible man) (Sous de Nouveaux Soleils, p. 192).

French writer Léon Daudet has insisted many times and in many books and articles that it was Edwards who had killed Lantelme: ” Enhardi par une longue impunité, Edwards, au cours d’une croisière sur le Rhin, et à l’occasion d’une scène de débauche, étrangla, puis jeta au fleuve la jolie petite comédienne Lantelme, du théâtre des Variétés.  Ce crime hideux avait été  perpétré dans les eaux allemandes. La police allemande n’intervint pas; ce qui laissa à supposer que notre turc lui était précieux. La police française, farcie d’ailleurs de policiers «allemands», ne demanda jamais aucune explication à Edwards, et la justice ne fit aucune enquête. Les anciens camarades et amants de la malheureuse enfant trouvèrent cela très bien, très gentil et ne bougèrent pas. Edwards mourut quelque temps après. Sa notice nécrologique et «matinale» fut modeste.” (Paris Vécu).

Lantelme has influenced the fashion of her era. Her style is an haute couture style of pre-war years: sumptuous dresses, prodigious hats and feathers, magnificent jewels, especially pearls. There are many photos of her wearing Doucet, Paquin, Lanvin dresses and furs, hats by Marie-Louise, Odette, Lewis… She appreciated young Jean Patou when he worked at Parry, but especially liked Madeleine Vionnet. Lantelme called her great artist and tried to help her to open Vionnet’s own couture house.

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My favourite photo of Madeleine Vionnet. Les Modes, February 1935.

There’s no much books about Lantelme. Main sources are Maurice Mayen, Le Yacht Mystérieux; Simone, Sous de Nouveaux Soleils; Nadaud and Pelletier, Les Morts Mystérieuses. Some details can be found in Michel Georges-Michel, Un Demi-Siècle des Gloires Théatrales. All these books are in French.

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Lantelme played in more than 30 plays and in more than 10 theatres. Considered as theatre and fashion queen, she’s now for us une belle ombre de la belle époque — a beautiful shadow of a beautiful era, and a woman with a tragic destiny.

Notes

<1> Mayen, pp. 64-66.

Picture sources: gallica, delcampe, flickr and other internet sources; scans and photos I did myself. Cabinet photo of Marie Lantelme scanned by Yann, merci!

Lantelme bio part 3

After Le Roi Lantelme played in Le Circuit, but the comedy of famous Georges Feydeau didn’t obtain much success. Since 14 April 1910 Lantelme played in Le Costaud des Epinettes, by Tristan Bernard and Athis. Since 15 October 1910 she starred in Le Marchand de Bonheur, written by Henry Kistemaeckers.

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Lantelme wearing a gown by Vionnet, in the comedy Le Costaud des Epinettes.

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Lantelme in Le Marchand de Bonheur, cover of Femina magazine (1910).

In 1911 Lantelme played in Le Vieil Homme by Georges de Porto-Riche, where she met Simone again. Then Lantelme performed La Gamine by Pierre Veber and Henry de Gorsse. Last play in which she appeared on the stage was a revue called V’lan!.., by Rip and Bousquet.

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Lantelme on a La Gamine playbill. Drawing by de Losques.

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One of last Lantelme photos. Comoedia illustre, 1 July 1911.

At the beginning of July Lantelme, her husband and few their friends boarded the yacht L’Aimée (The Loved One), that Edwards had built for his wife number four.

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L’Aimee. Photo from L’Illustration, 1911.

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L’Aimee. Photo from Historia magazine # 295, June 1971.

It was an ordinary cruise on Holland and German rivers. In the night of 24/25 July 1911 Lantelme disappeared, and few days later her body was discovered in the Rhine waters.

Petit parisien26-07-1911

Petit journal26-07-11

First pages of popular French newspapers Le Petit Parisien and Le Petit Journal issued on 26 July 1911.

Dr Dauriac, Edwards family doctor who had joined L’Aimée passengers few hours after the accident, has presented a more or less official version of what had happened on the yacht.

“J’ai fait une enquête minutieuse, et je vous donne ma parole d’honneur que les faits se sont passés comme je vais vous les dire. Le yacht avait franchi, ce jour-là <24 July 1911>, la frontière allemande, et les formalités douanières s’étaient prolongées si longtemps qu’il ne put repartir que vers quatre heures et demie de l’après-midi. La prochaine ville où l’on pouvait faire escale, Wesel, était à cinq heures de navigation. On décida quand même de s’y rendre.

Vers sept heures et demie, alors que le bateau se trouvait au beau milieu du Rhin, Lantelme vint dire à Edwards que l’endroit lui plaisait pour y passer la nuit, qu’il fallait qu’on y jetât l’ancre. Comme il ne savait jamais lui résister, Edwards transmis l’ordre au capitaine et on stoppa. C’était la première fois, remarquez-le, depuis les longues années que mon ami fait du yachting, qu’il passait la nuit, ainsi, en plein fleuve.

La soirée ressembla à toutes les autres. Le repas fut animé, comme d’habitude, mais, quoi qu’en aient dit certains “informateurs”, on ne se livra à aucune orgie.

Après avoir fait de la musique, chacun rentra dans sa cabine.

Lantelme passa dans son cabinet de toilette. Son mari l’attendit dans sa chambre, en lisant un roman. Il devait être minuit et demi. Soudain, à travers le bruit de la pluie torrentielle qui tombait, Edwards perçut un cri, un faible cri, presque un gémissement. Il se leva aussitôt.

– C’est toi, Ginette ? demanda-t-il à travers la porte.

Il ne perçut rien que le clapotis de l’eau. Deux fois, il répéta son appel sans plus de succès. Alors, affolé, il donna un coup d’épaule dans la porte, qui, comme à l’ordinaire, était verrouillée à l’intérieur.

Le cabinet de toilette était vide et la fenêtre ouverte.

Edwards appela les autres passagers. Tous eurent, devant ce spectacle, la même pensée: Lantelme était tombée par la fenêtre.

Car il faut le dire, notre amie avait une habitude dangereuse entre toutes. Elle aimait s’asseoir sur le rebord de la fenêtre, le dos tourné au fleuve. Dans la journée, elle s’amusait à pécher des poissons avec un petit seau. Mais, le soir, elle faisait sa coiffure dans celte position incommode. Or, comme cette fenêtre, basse d’embrasure, ne permettait pas qu’elle y restât droite, elle devait pencher tête soit en avant, soit en arrière.

Au moment de l’accident, elle était occupée à se mettre des épingles dans les cheveux. Elle devait, alors, pencher la tête en arrière. Un mouvement trop accentué et elle était tombée à la renverse.

Il n’y eut rien autre chose. Pas d’indisposition, pas de lutte, pas de vitres brisées, rien! Comme une frêle statuette qui choit de son étagère, Lantelme avait glissé dans le fleuve. (…)

Et voilà, conclut le docteur Dauriac, comment périt cette femme, jeune, belle, adorée, célèbre, cette femme qui avait déjà goûté aux joies lés plus rares de la vie. Pour ceux qui veulent dramatiser, toujours et à tout prix, cette mort n’est-elle pas suffisamment dramatique ? Lantelme, heureuse, s’assied, un soir, au bord de la fenêtre de sa cabinet. Elle rit, elle chante, elle songe aux lendemains heureux. Soudain, elle glisse, et le fleuve ne rend plus qu’un cadavre” (Le Petit Parisien, 29 July 1911).

And here what said one of yacht passengers:

“Le 1er juillet, nous étions partis, M. et Mme Edwards <Lantelme>, Mme Wermel <Alice Vermell, actress of Renaissance theatre and friend of Lantelme>, MM. Tarride <director of Renaissance theatre>, Thinet <Edwards cousin> et Cuvillier <composer>, Mrs Bockairy <unknown person>, sur le yacht de M. Edwards.

Après un court séjour à Amsterdam, nous nous étions proposé de remonter le Rhin jusqu’à Francfort. Nous arrivâmes lundi soir à Emmerich, où nous dûmes jeter l’ancre, à cause de la visite de la douane. La plus franche gaieté régna durant tout le dîner, et, peu avant minuit, nous partions à destination du Wesel. Après un voyage d’une heure, durant lequel nous avons sablé le champagne sur le le pont, la fatigue se fit sentir et nous descendîmes vers nos cabines en chantant et en riant.

«Pendant que Lantelme procédait à sa toilette de nuit, elle se trouva mal subitement, comme l’a prouvé l’état de sa cabine, et on doit conclure que pour se soulager, elle se pencha à la fenêtre. Un soubresaut la fit tomber, et c’est à ce moment qu’elle trouva la mort dans le fleuve. Quant à nous, environ cinq minutes après que nous nous étions séparés, nous entendîmes comme un cri étouffé. Tout le monde se réunit pour savoir ce qui se passait, et nous vîmes que Lantelme n’était pas parmi nous. Nous nous précipitâmes alors vers la cabine : elle était vide et la fenêtre était ouverte. Plus de doute! L’horrible vérité nous apparaissait. Elle avait disparu dans les flots. Celle qui était l’âme de notre petite expédition venait de trouver une mortstupide.

«Toutes les recherches furent vaines, la nuit les rendant plus difficiles, et c’est, étreints d’une effroyable tristesse, que nous regagnâmes le port d’Emmerich, après avoir fait les démarches necessaires auprès des autorités. Hélas! il ne nous restait plus qu’à attendre qu’on nous rapportât le cadaver de celle que Paris tout entier pleurera.” (published in Le Journal then in Le Monde Artiste Illustré, 29 July 1911).

According to the official versions (different in some details), the actress had drowned, and it was a tragic accident. But Edwards had too bad reputation, and many people made a logical conclusion that he had murdered his wife.

Some of Lantelme’s magnificent jewels were buried with her at Père Lachaise cemetery, and unfortunately too many newspapers have mentioned it. The consequences shocked the whole Paris. In the night of 21/22 December 1911 unknown persons violated the crypt, opened a triple coffin but couldn’t find the jewels. These jewels later were delivered to family members, but in 1916 followed another violation, this time absolutely useless. The burglars in both cases weren’t found.

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Cambriolage2

Photos taken after first violation, December 1911. As you see they were even printed as postcards. (The date and name indicated are wrong.)

In the autumn of 1911 a newspaper called La Depêche Parlementaire attacked Edwards insisting he had murdered his wife. Another newspaper, called La Griffe, joined the accusations. Edwards brought an action against newspapers and won it, but Depeche and La Griffe escaped severe punishment, and that fact surprised many people <1>.

All the values belonging to Lantelme were sold at Drouot, in November 1912. 3 days of auction brought to madame Fossey mother and her family about 578 000 francs. The jewels of theatre and fashion queen attracted crowds at an exhibition before the auction and were sold at high prices. But according to some rumors not all the jewels were sold because the new love of Edwards, actress Colonna Romano, could seize a part of them, and for this she has been nicknamed Gruge-la-Morte (a thief who robbed a dead woman).

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Lantelme sale (November 1912). Page from Afrique du Nord illustree found at gallica site.

Edwards died in March 1914 and was buried in the same crypt as his wife. But in 1919 her remains were transferred to Fossey family tomb in another part of Père Lachaise cemetery.

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Edwards family crypt at Pere Lachaise.

tombe Lantelme

Fossey family tomb.

Geneviève Lantelme has been painted by Boldini, and this picture of her is most famous. Also she is pictured in the center of Jules Grün painting Vendredi au Salon des Artistes Français (Musée des Beaux-Arts de Rouen).

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Giovanni Boldini. Mademoiselle Lantelme.

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Giovanni Boldini. Lantelme (drawing)

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Jules Grün. Vendredi au Salon des Artistes Français (Musée des Beaux-Arts de Rouen)

According to different sources, Lantelme also has been portrayed by Abel Faivre <2>, Pierre Bracquemond (painting called Mademoiselle Lantelme chez elle), Van Dongen and Grün (another picture). But the location of all these paintings is unknown.

Notes

<1> Mayen, pp. 132-135.

<2> Mayen, p. 86

Picture sources: gallica, delcampe, flickr and other internet sources; scans and photos I did myself.

Lantelme bio (part 2)

Her Conservatoire studies weren’t successful because Lantelme comedy talent was far from academic theatre manner. At the end of course she didn’t obtain any prize and soon returned to the work under her ordinary stage name.

Since 1 April 1905 she performed in “L’Age d’Aimer” by Pierre Wolff. The leading part was played by famous (but already not young) actress Réjane.

Geneviève Lantelme in L’Age d’Aimer. Scan from Le Theatre # 154 , May 1905

Réjane in a dress by Doucet, Les Modes, February 1903.

Giovanni Boldini. Madame Réjane.

When Réjane knew that her friend Alfred Edwards, a media tycoon and amateur playwright, had written a play “Par Ricochet” and was looking for an actress, she introduced Lantelme to him. Soon Lantelme became his mistress, and this relationship marked her life.

Alfred Edwards. Scan from Le Theatre.

Alfred Edwards also helped Réjane to open her own theatre, le théatre Réjane. First play put on stage there was “La Savelli” written by Max Maurey, an old fashioned history drama in a Victorien Sardou style. (Many years ago Réjane became a star after she played in “Madame Sans-Gêne” by Sardou.) And Sardou himself was involved as a director.

Sem. The opening of theatre Réjane. Scan from L’Illustration. Here we can see Wolff, Sardou, Capus, Feydeau, Polaire, Edwards…

Lantelme in a play La Savelli at theatre Réjane. Scan from Le Theatre.

 

Réjane, photo by Nadar. Old postcard.

Lantelme signed a contract and was engaged since September 1906, but she hadn’t much to play because Réjane always played leading parts. In January 1908 Lantelme broke the contract and left the theatre. Réjane immediately brought an action against her. Lantelme lost and had to pay 20 000 francs, very big money (she earned only 600 by month in theatre Réjane). It may be one of reasons why she didn’t leave rich Edwards who could arrange everything.

In spite of all the troubles 1908 is for Lantelme a lucky year because at last she gets a leading part in a star play. It’s a comedy “Le Roi” written by Caillavet, de Flers and Arène. Lantelme played Marthe Bourdier, called Youyou, a role performed before by Eve Lavallière. From 8 November 1908 to September 1909 Lantelme incarnates Youyou about 300 times. Her photos appear on Le Theatre covers, on numerous postcards and in fashion magazines like Les Modes or Femina.

Lantelme as Marthe Bourdier on the cover of Le Theatre # 238, 15 November 1908.

Le théatre des Variétés (Paris Variétés theatre) where Lantelme had her biggest success in Le Roi.

During these years (1906-1909) Lantelme is struggling for Edwards with his wife number 4, Misia Godebska (ex-Nathanson and future Misia Sert). Neither Misia nor Lantelme loved him – all they needed were just his fortune and influence.

Renoir. Portrait of Misia Sert.

After all Lantelme, who was younger and more beautiful, won the battle. Edwards divorced Misia and married Lantelme in the city of Rouen, to avoid any publicity. Poor deserted Misia got 48 000 francs by year as a little consolation.

Hôtel de ville at Rouen where Alfred Edwards married Geneviève Lantelme (1). Old postcard.

Hôtel d’Angleterre at Rouen where the newly married couple had lunch after the marriage (2). Old postcards.

Notes

(1) Mayen, p. 104

(2) Mayen, p. 106.

(to be continued)

Pictures not marked as scans found at gallica, delcampe and other internet sites.

Lantelme bio: part 1

Geneviève Lantelme (born Mathilde Hortense Claire Fossey, 20 May 1883, Paris <1>– night  24/25 July 1911, Rhine) was a French stage actress and a fashion icon, one of most beautiful women of Belle Epoque.

Lantelme 56-10

Geneviève Lantelme

Her father Edouard Fossey was a cashier and later an accountant, mother Claire (maiden name Lantelme) was one of 3 daughters of Anatole Lantelme, professor of music and composer.

The couple married in 1876 and had 4 daughters (Mathilde was the third one). When Mathilde was born, the family lived in Paris, boulevard Barbès, 5 (XVIII arrondissement), but they often moved (in 1882 they lived in Asnières, in 1888 in Paris IX).

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Paris, boulevard Barbès. Old postcard.

Lantelme-acte de naissance

Document about the birth of Mathilde Hortense Claire Fossey.

In 1895 Mathilde’s parents divorced, and according to the court verdict the father was named the tutor of children <2>.

It wasn’t usual, but actress Simone in her memoirs book mentioned that the mother had sent Mathilde to work in a brothel (and it may be the reason of the verdict):

“…grâce à une mère vigilante, elle était devenue, aux environs de sa douzième année, l’agneau pomponné d’une maison spéciale. L’amour excessif des grâces enfantines y rassemblait quelques bons vieillards” (Simone, “Sous de nouveaux soleils”, pp. 190-191).

In 1897 Edouard Fossey remarried, and the family moved to Nanterre, their address in 1898 was route de Cherbourg № 30.

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Nanterre, la route de Cherbourg. Old postcard.

Mathilde becomes a mistress of Henry Poidatz, banker and owner of “Le Matin” newspaper. She wanted to become an actress, and Poidatz helped her to start her career <3>. As a stage name she took the maiden name of her mother (Lantelme) and the first name Geneviève.

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Henry Poidatz

Simone wrote about Lantelme and Poidatz:

“L’attention dissimulée et parcimonieuse que lui accordait son protecteur la contentait”.

About this time Lantelme found madame Lherbay, an actress of Odéon (later of Comédie-Française) who agreed to give her lessons <4>. Lherbay lived in Paris, not far from Lantelme <4>, so we may conclude that circa 1900/1901 Lantelme was back from Nanterre to Paris. The address of madame Lherbay in 1899 was rue de Tocqueville, 11 (see “Annuaire des artistes…” here , at Gallica site).

Madame Savinie Lherbay (old postcard)

Rue de Tocqueville where lived madame Lherbay. Old postcard, with an airship in the sky.

Henry Poidatz recommended Lantelme to Alphonse Franck, the manager of Gymnase theatre. There Lantelme made her debut 31 October 1901, in a comedy “La Bascule” by Maurice Donnay. She played a tiny part of housemaid with few lines of text.

Le Theatre du Gymnase (old postcard)

Few weeks later she’s playing another tiny role in “Le Detour” written by Henry Bernstein. The leading part is performed by Simone, actress and later writer, who will describe Lantelme in her memoirs “Sous de nouveaux soleils”:

“Elle m’apparut pour la première fois en 1902, au Gymnase, trois jours avant la création du Détour.

Recommandée à Alphonse Franck par un des direc­teurs du Matin, on lui distribua dans la pièce le rôle d’une bonniche de province qui, au troisième acte, susurrait par la porte entrouverte le nom d’un visiteur.

J’appris qu’au cours d’une répétition, le metteur en scène et l’auteur ne s’étaient point privés de railler les maladresses de cette débutante; je les ramenai sans peine à plus d’indulgence. En vérité, je ne me rappe­lais pas avoir jamais vu la demoiselle en scène car son apparition se plaçait alors que je lui tournais le dos.

Elle vint me remercier de mon intervention, les larmes aux yeux.

Le lendemain la ramena dans ma loge durant que je m’habillais; aussi les jours suivants. Elle s’asseyait par terre après avoir demandé la permission de rester là, disant « qu’elle se trouvait bien à côté d’une dame qui lui avait apporté un secours désintéressé ».

Elle avait tout juste dix-sept ans. Vêtue de façon ordinaire, non fardée, privée de bijoux, elle étincelait sous cette livrée modeste.

La taille fine, la gorge pleine, les mains et les pieds étroits, elle avait des yeux bruns immenses et superbes, une rangée de cils comme s’en ajoutent les stars, et le nez le plus parfait que jamais modela la nature, une belle bouche rouge, plutôt grande, dont la lèvre supé­rieure, un peu courte, un peu relevée sur de petites dents écartées (les dents du bonheur, affirment les augures) donnait à son visage un air de surprenante naïveté” (Simone, pp. 189-190).

Lantelme 19-04 big

Lantelme in these early years, exactly as Simone described her.

Madame Simone (old postcard)

After few insignificant roles Lantelme played in “Le Secret de Polichinelle”, a comedy written by Pierre Wolff, then famous writer. Critics have appreciated her performance, but her role wasn’t a leading one.

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Lantelme in “Le Secret de Polichinelle” (scan from “Le Theatre” #100, 15 February 1903).

In 1902 her pictures appear for the first time in “Les Modes”, one of best Belle Epoques magazines about fashion, and later in other magazines. Though she’s dressed rather modestly, Lantelme starts her career of fashion model (in her last years she’ll be not only model, but icon and superstar).

Lantelme-lesmodes-mai1902-int

Lantelme in “Les Modes”, 1902.

In these years Lantelme has also another important relationship, with the writer Oscar Méténier, and his friend Laurent Tailhade writes later about their love mixed with scandals and even fights, when Lantelme (!) used not only hands, but also chairs:

“Puis ce fut <in Oscar’s life> le Grand-Guignol, avec les représentations où l’ « inouïsme» d’antan était remplacé par le scandale et par l’horreur: Dupont l’Anguille et tout ce qui s’ensuit; ce fut encore la liaison tapageuse avec Lantelme, où la délicieuse enfant échangeait, avec son premier amour, des coups de poing, même des coups de chaise…” (Laurent Tailhade, “Petits mémoires de la vie” <5>).

Metenier 214_001

Oscar Méténier

Lantelme Le Theatre1902

Lantelme in 1902. Scan from “Le Theatre”, 1902.

However in October 1903 Lantelme entered Conservatoire <6> and joined the class of Maurice de Féraudy, actor of Comédie-Française. Though the students of Conservatoire can’t play in theatres, it’s forbidden, Lantelme continues to perform, but under the name of Telmy <7>.

Conservatoire (old postcard)

French actor Maurice de Feraudy (old postcard)

The address of Lantelme is mentioned for the first time in “Annuaire des artistes” of 1903 with a note that the actress recently moved there. It was rue de Fourcroy, 22 (source: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k124049j/f21.image.r=lantelme.langEN ).

Paris 17 Fourcroy

Paris, rue de Fourcroy (XVII arrondissement). Old postcard.

to be continued

Many thanks to Corinne for the help!

Notes:

<1> For her birth certificate see Archives de Paris en ligne, XVIII arrondissement, acte de naissance de 22/05/1883.

<2> See full texts of archival documents and links on my page: https://verbinina.wordpress.com/2013/12/28/documents-about-fossey-family/

<3> See mention in “La Femme de France”, 21.12.1930, on gallica site (“Poidatz qui a “lance” Lantelme”).

<4> Maurice Mayen, “Le Yacht Mystérieux”, pp. 39-41

<5> See the full text at Gallica site. The chapter about Oscar Méténier is very interesting because describes him very well.

<6> See “Le Figaro”, 24/10/1903 here: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k286402z/f4.image.r=Lantelme.langEN

<7> Mayen, p. 48

Images found at http://www.delcampe.net , on Gallica site, via google + scans I made myself.