Trois sultanes

A page from an unknown German magazine (1910): photos of Lantelme and other Paris stage stars.

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The Bystander

A page of Bystander magazine found on ebay.

Photos:

La Vie Parisienne

New scans of La Vie Parisienne are available on Gallica site. An article from 2 Sept. 1911 issue:

Parole d’or.

Un joli mot, et bien féminin, de cette pauvre Lantelme:

— Je n’aime pas l’argent, mais j’aime la dépense! (I don’t like money, but I like to spend it)

From 5 Aug. 1911 issue:

Le mauvais voyage.

Quelques jours avant le tragique accident de la pauvre Lantelme, une confidente très intime — la plus intime confidente de la malheureuse et charmante artiste — avait reçu une lettre d’elle.

Je ni embête à mourir! disait Lanlelme. Ce n’est pas une vie! On passe son temps à boire et à se… griser. Ah ! le beau voyage!…

Lantelme employait même quelques mots un peu plus vifs pour exprimer son ennui…

And from 23 Nov. 1912 issue – the best article about the auction sale of Lantelme’s personal effects:

Voici des fauteuils, des commodes, des canapés, un lit, et puis voici des bijoux, et puis voici encore des gravures : tout ce qui reste d’une charmante fille, aux grands yeux noirs, et que le marteau de M. Lair-Dubreuil va disperser. Quelle tristesse ! Avant la vente, les curieux se pressent dans la salle, où tous ces objets invoquent le visage de Lantelme, ses immenses chapeaux, son buste frêle penché au bord d’une loge, près d une figure au profil péruvien. Les marchandes à la toilette sont toutes là, sentant mauvais, parlant haut, traînant leur cabas. Quelle tristesse! On évalue le collier et ses cinq grosses perles, les bagues et leurs diamants, le petit lit en bois sculpté Louis XVI, la commode en marqueterie, les fauteuils du XVIIIe; on plaisante, et on rit, d’un rire en dessous un peu canaille, avec des yeux égrillards. Il y a aussi des actrices qui s’extasient et qui, malgré sa fin lamentable, envient celle dont la beauté sut recevoir de tels dons… Il y a aussi des acteurs, des journalistes, des oisifs. On étouffe. Cependant, un employé de l’hôtel, indifférent et qui en a vu bien d’autres, distribue, d’un air las, le catalogue. On se bouscule. Jamais les marchandes à la toilette n’ont paru plus laides : quelles mains crochues! quels nez noircis par le tabac à priser! Et il faut les entendre :« Ah ! ma chère, si vous saviez… » et les voilà qui racontent des histoires à dormir debout, avec une assurance invincible. Quelle tristesse! Et pourtant rien n’est plus parisien que cette exposition, après décès, et avant les enchères. Pensez donc! une petite actrice, célèbre pour sa grâce, sa richesse, son nabab, et même pour le talent qui lui était venu, et célèbre enfin pour sa mort tragique!… Deux ans plus tôt, je l’avais rencontrée au bord de ce même Rhin, à Coblence. Elle portait un extraordinaire petit costume de marin; elle avait l’air d’une enfant, et d’une enfant bien mal élevée. M. Edw.. s’arrêtait pour acheter des vins, des vins de Moselle et du Rhin, et il marchait, majestueux, sur le quai, accompagné de Mme Sylv.ac, de Mlle F.., et de M. de L.sques…. On se retournait sur leur passage… Aujourd’hui, je cherche vainement, dans cette salle, Mme Sylv.ac et son-face-à main.

Edw.. in the text is Alfred Edwards (Lantelme’s husband), Mme Sylv.ac is actress Sylviac, Mlle F. is maybe actress Isabelle Fusier, de L.sques is painter de Losques.

Sem et Lantelme May 1911 Max Dearly wedding

Sem and Lantelme (in the white dress) at the wedding of Max Dearly and Isabelle Fusier (May 1911).

Lantelme sale (1912)

A scanned catalogue of Lantelme sale (1912) on Gallica site.

UPD. The catalogue contains few photos (not of Lantelme, but of some objects that had belonged to her and to her husband) and notes made by a buyer.

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Lantelme and Gaston Leroux

We don’t have much info about early roles of Lantelme. Critics usually don’t write about actors who have only 5 lines of text, and there’s no mention of Lantelme performances in newspapers like Le Figaro or Gil Blas circa 1901/1902. But there’s much more about young actress in Le Matin, and the person who wrote about her is Gaston Leroux, a famous author of “The Phantom of the Opera”.

Gaston Leroux

Gaston Leroux

In an article about “La Bascule” by Maurice Donnay (“Le Matin”, 1 Nov. 1901) Leroux explained why he had disliked the comedy, and also added few words about actors:  “M. Huguénet a été un excellent Hubert. Compliments dans l’ordre à Mlles Jeanne Rolly, qui tenait le rôle de Rosine, Maggie Gauthier, Ryter, Gabrielle Dorziat, Henriette Andral et Lantelme, qui sont vraiment charmantes. Parfaitement”.

Few days later Leroux wrote about “Le Cravate blanc”, a little comedy that now precedes “La Bascule” (“Le Matin”, 6 Nov. 1901, an article signed G.L.):

“Voici que la Cravate blanche, la comédie en vers, en un acte, de M. Gondinet, qui appartenait au répertoire du Théâtre-Français, a été reprise hier par le Gymnase, pour être jouée en commencement du spectacle avec la Bascule. L’acte est mis en scène d’une façon charmante et joué à ravir par MM. Marié de l’lsle, J. Dax et Mlle Lantelme, une jolie petite débutante qu’on a fort applaudie et qui dit le vers comme si elle n’avait fait que cela pendant dix-huit ans. Les a-t-elle?”

It’s a very nice little article, though with an error. The author called Marie de l’Isle monsieur, but it’s an actress (in a role travesti).

Few weeks later, “La Cravate Blanche” changed to another little comedy, “Le Premier Modèle”, and Leroux wrote (“Le Matin”, 4 Dec. 1901, an article signed G.L.):

“P. S. Le même soir, le Gymnase nous a donné un vaudeville en un acte de mon excellent confrère et ami A. Lemonnier. C’est la charmante petite historiette d’un amour qui s’en va et d’un amour qui s’en vient, autour du chevalet d’un peintre. C’est vivement troussé, sans prétentions: du bon Lemonnier sans souci. Cette piécette, fort bien accueillie du public, est du reste jouée en perfection par Mlle Lantelme, une toute jeune débutante que nous avions déjà appréciée dans la Cravate blanche, et qui fut hier d’un charme naturel assez rare pour qu’on l’encourage en passant. Mlles Berthet et Debacker montrèrent également beaucoup de grâce et de jeunesse, et M. Gouget a prouvé qu’il ne manquait point de talent.”

This “P.S” is added to an article about a play in a Theatre Antoine.

Lantelme 19-05

Young Lantelme (circa 1901/1902).

And here is the full text of an article about another play with Lantelme (“Le Matin”, 6 June 1902):

Pépin Cadet, vaudeville en trois actes de M. Henri Pagat.

On me dit que Galipaux va organiser la tournée des casinos avec cette pièce. Je suis persuadé qu’il fera là une excellente affaire. C’est une pièce d’été, un vaudeville très « bains de mer », plein de bonne humeur, sans malice. Bonnes grosses plaisanteries, mais non grossières. Les familles pourront y conduire leurs «demoiselles» après une promenade sur la plage et un tour aux petits chevaux.

Pépin cadet est le dernier descendant des rois de France, comme son nom pourrait l’indiquer. Voici en quelle circonstance il est appelé à prendre la succession du comte de Chambord, dans l’imagination d’une vieille et aimable folle. Mlle de Kermadec, qui ne rêve que d’ancien régime, se trouve être la victime d’un escroc, le nommé Duval, lequel passe pour un Naundorff et soutire à la vieille des sommes importantes. Cette lubie peut conduire Mlle de Kermadec et son neveu à la ruine. Heureusement pour le neveu, il a pour lui l’esprit inventif de son ami Florentin, qui n’hésite pas à débarquer chez la tante el à se faire passer pour le Roi-Duval. Il amène avec lui une petite amie qu’il annonce: comtesse Berthe et qu’il appelle: «La France!» Mlle de Kermadec se rappelle la Du Barry, et, faisant violence à sa pudeur, accueille le couple avec force révérances.

Je n’entrerai point dans le détail des scènes où la tante est le plus aimablement du monde bernée par Florentin, déguisé en Louis XIV. Par ce moyen, toutes les sommes destinées à Duval rentrent dans le coffré-fort de la famille, sur lequel, quand la farce est terminée, le neveu aura desormais la plus utile surveillance.

Dans cette histoire souvent banale mais point ennuyeuse, il est un coin charmant, celui où nous voyons apparaitre Mlle Lantelme. Vous ne connaissez pas Mlle Lantelme? Personne ne connaît Mlle Lantelme? Ça ne durera pas. La tante a une nièce qui, grâce à Mlle Lantelme, est la plus charmante ingénue qui se soit fait applaudir, depuis longtemps, au Gymnase. Sa grâce naïve, sa véritable jeunesse et la vérité simple de son jeu lui ont valu, hier, un succès plein d’encouragement, au seuil de la carrière.

Madeleine Guitty fut d’une vieillerie amusante et d’une conviction sans bornes dans le rôle de la tante royaliste. Voici une excellente artiste que chaque création nouvelle fait plus appréciable au regard d’un public qui la suit depuis longtemps avec sympathie. Mmes Templey et Debacker sont d’agréables personnes. M. Galipaux est joyeux, comme à son ordinaire, dans le rôle de Florentin. MM. André Hall, Gouget, Jean Dax et Vignaud ont contribué au succès de cétte première, qui nous fut donnée l’après-midi, à l’instar des répétitions générales d’antan.

Gaston Leroux.”

Lantelme 19-08

First roles of Lantelme were often maids, and this photo shows Lantelme dressed as a maid (maybe for “La Bascule”). Photo made circa 1901/1902.

It’s funny, but later we don’t see so encouraging articles. In 1903 Pierre Wolff mentions Lantelme in an article about his own play “Le Secret de Polichinelle” (“Le Matin”, 1 July 1907): “Enfin, Mlle Lantelme qu’Antoine a bien voulu me prêter. Elle a été en tous points délicieuse, et je tiens à la remercier d’avoir accepté ce bout de role”.

Well, Gaston Leroux wrote many nice words about Lantelme when she was just a young and unknown actress. But she also was a mistress of Poidatz, and Poidatz was… “Le Matin” owner. I think it’s the main reason why Leroux wrote so much about Lantelme (even if he forgot to mention her in an article about “L’Archiduc Paul” – see “Le Matin”, 26 March 1902). Critics in other newspapers didn’t even mention such little plays as “La Cravate Blanche” or “Le Premier Modele”, and they weren’t interested in “Pépin Cadet” performed in summer.

Jean Cocteau about Lantelme

Cocteau Lantelme Comoedia1909-05-28int

RONDEL EXPLICATIF

C’est Lantelme accoudée au bord d’une avant-scène
Et que masque à demi son boa de renard;
Elle écoute… avec l’œil langoureux et traînard
D’une fellah qui puiserait de l’eau de Seine.

Roi mage, américain, banquier, Crésus, Mécène,
Apportez les bijoux, l’oliban et le nard!
C’est Lantelme accoudée au bord d’une avant-scène
Et que masque à demi son boa de renard.

Je répète au public de cervelle peu saine
Qui clame, retournant dans nos cœurs le poignard,
« Oh ! que Bartet est bien ! devant Sarah Bernhardt
On croit que Jeanne Bloch est un dessin obscène:
C’est Lantelme accoudée au bord d’une avant-scène.

JEAN COCTEAU.

Poem found in Comoedia (28 May 1909), on Gallica site. Comoedia was a French newspaper about theatres, actors and actresses (published in 1907-1944). Now we can read online issues of 1909 only, but I hope more will be added soon or later.

few articles about Lantelme

Le Figaro, 21 March 1906

Geneviève LANTELME

Une délicieuse frimousse de soubrette pimpante, leste, spirituelle, où semblent tout étonnés de se trouver des yeux profonds, presque mélancoliques.

C’est avec tout cela que Mlle Lantelme a joué hier soir son quatrième rôle, qui n’est autre que son quatrième grand succès.

Mlle Lantelme est ridiculement jeune. Elle fut célèbre avant d’être connue, dès sa première création, cette adorable petite peste que vous avez vue dans l’Age d’aimer de Pierre Wolff. Paris s’étonna de cette débutante si menue, si futée, si originale surtout. Et tout de suite il fut ravi d’elle et se douta de ce qu’il en pouvait attendre.

Le Théâtre-Royal a confirmé cet espoir en donnant hier à Mlle Lantelme l’occasion d’un succès de la plus fine et de la plus jolie qualité. Elle a le charme léger, l’intelligence pénétrante, une adresse si adroite qu’on ne la soupçonne pas, la science rusée de l’ “intention”, l’art divin du sourire; elle a l’instinct et aussi la fantaisie, un talent subtil, caressant, vivant, vivant surtout; elle a tout ce qui, de cette chose charmante: une actrice, fera un jour cette chose merveilleuse: une Comédienne.

Gil Blas, 26 January 1904

Un de nos amis dînait, l’autre semaine, dans un restaurant voisin de l’Opéra. Dans la même salle, des gens de lettres et des gens de théatre, des cercleux et des boulevardiers : MM. Georges Feydeau, Pierre Wolff, Lionel Meyer, Poidatz, le comte de Campaigno, le comte de Lagallarde, Janvier de La Motte, Mlle Lantelme, etc., discutaient à table des sujets les plus vains.

Mlle Lantelme est une jeune élève du Conservatoire, applaudie l’autre saison au Gymnase. Elle faisait à haute voix ses confidences.

— Mon professeur, disait-elle, est un homme charmant, mais il a la détestable habitude de me réprimander sans cesse. Selon lui, je suis la plus mauvaise élève de sa classe, je ne sais pas réciter, je ne sais pas me tenir en scène, je ne sais même pas lire.

« J’ai beau me défendre, il ne veut rien entendre, et, hier, pour le prouver, devant tous mes camarades, il me tendit le Matin, et me fit lire à haute voix toute la discussion de la Chambre sur le rachat des chemins de fer.

« Je lus… Et, quand j’eus fini, il me dit d’un ton méprisant que je manquais d’émotion…

« J’avoue que M. Bourrat ne m’inspire pas. »

M. Janvier de La Motte disserta alors gravement sur l’enseignement donné au Conservatoire…

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And a drawing by de Losques from Le Figaro (3 December 1908)

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De Losques. Lantelme as Marthe Bourdier in “Le Roi”.

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